Membre de l’Union Nationale des Sociétés Coopératives Agricoles Leaders de Côte d’Ivoire (UNSCAL-CI), la Société Coopérative Agricole de Hiré (SOCAHI) fait partie des entreprises agricoles qui contribuent au rayonnement de la filière Café-cacao en Côte d’Ivoire à travers non seulement son apport au volume national de la production mais surtout la qualité de ses produits certifiés. Zoom sur une coopérative à cheval sur les normes de durabilité.
Avec trois certifications, notamment Fairtrade Usa, Fairtrade international et Rainforest Alliance, dans son escarcelle, la Société Coopérative Agricole de Hiré est une entreprise soucieuse et respectueuse des engagements de qualité et de durabilité ; tant au plan environnemental, social qu’économique. C’est que dès sa création en novembre 2004 avec seulement 171 membres, le Président du Conseil d’administration (PCA), Sankara Oumarou, en fin gestionnaire, pour avoir travaillé de 1995 à 2001 auprès d’un riche acheteur de cacao, s’est fixé la démarche qualité comme base de succès.

De fait, le métier de collecte et de vente de cacao auquel il s’est exercé des années durant aura été un bon tremplin pour l’ancien étudiant du Département de Physique-chimie de l’université de Cocody qui porte aujourd’hui le nom de Université Félix Houphouët-Boigny. A la question de savoir comment une personne qui a étudié les propriétés physiques et chimiques de la matière dans le but de comprendre le fonctionnement de l’univers se retrouve en milieu agricole, le PCA Sankara Oumarou répond que : «c’était un rêve d’enfance pour être né dans l’agriculture que pratiquaient mes parents». La passion de l’agriculture, on l’aura compris, a pris le pas sur l’ingénieur, le chercheur ou même l’enseignant qu’il aurait pu devenir après le Bac D qu’il a décroché en 1993.
- Plus de 200 millions FCFA investis dans le social
Toujours est-il qu’en prenant la présidence du Conseil d’administration de la SOCAHI en 2004, le PCA Sankara et ses producteurs ont été confrontés à bien de difficultés faute de moyens. Difficile de ce fait, de faire des livraisons dans les ports d’Abidjan ou de San-Pedro. Il fallait recourir à un plan alternatif pour garantir la survie de la jeune coopérative. Ainsi la SOCAHI a-t-elle entrepris de livrer les produits de ses adhérents estimés à l’époque à quelques 700 tonnes à des acheteurs, puis à des exportateurs basés dans la région du Loh-Djiboua.

Grâce à une gestion vertueuse, la Société Coopérative Agricole de Hiré va commencer à disposer de petits moyens, à acquérir du matériel roulant et la logistique nécessaires à son essor. Elle peut désormais commercer, dans le cadre de partenariats avec des exportateurs, à qui elle livrer ses produits. La démarche qualité dans laquelle elle s’est inscrite produit ses fruits avec l’obtention des 3 certifications acquises dans les règles de l’art. Aujourd’hui, la SOCAHI compte 2000 membres. Mieux, elle dispose d’une succursale dans le département de Taabo et sa production annuelle atteint 3000 tonnes.
- La transformation en ligne de mire
Au plan social, sous l’impulsion du Pca Sankara Oumarou, la Coopérative a construit 2 écoles de 3 classes chacune. Elle a réhabilité 7 classes, une cantine scolaire, un dispensaire et remis en état une ambulance. Construit plusieurs pompes villageoises et distribué plus de 10.000 kits scolaires, 500 tables-bancs. La coopérative contribue également à l’inscription en ligne des élèves de ses producteurs. Des investissements estimés à près de 200 millions FCFA et qui sont appelés à croître.
L’un des projets sur lequel la SOCAHI travaille ardemment aujourd’hui, c’est l’amorce de la transformation. Convaincue que la transformation induit une plus-value à la chaîne de valeur, la Coopérative a acquis un terrain d’un hectare sur lequel elle a entamé la construction de sa future unité de transformation. «On ne peut pas continuer de produire sans envisager la transformation», déclare le Pca Sankara dont la coopérative est affiliée à l’Union Nationale des Sociétés Coopératives Agricoles Leaders de Côte d’Ivoire (UNSCAL-CI). Membre actif de cette union, il y occupe le poste de Secrétaire général adjoint.
A 53 ans, le natif de Divo, marié et père de 7 enfants, nourrit de nombreux projets intégrant la transformation, l’autofinancement et l’export. Il croit surtout que l’union des producteurs peut être un levier de réussite collective et individuelle.
Alexandre LEBEL
