COP30 au Brésil : L’accès des coopératives agricoles au financement au centre des échanges

À la COP30 qui se tient au Brésil, la question de l’accès des sociétés coopératives agricoles au financement pour renforcer la résilience de la cacaoculture face au changement climatique a occupé une place centrale. Ce lundi 17 novembre 2025, un panel organisé au pavillon Afrique a réuni plusieurs experts autour du thème : «Vers une cacaoculture résiliente et bas carbone : innovation de la recherche agronomique et de la finance climatique».

La rencontre, présidée par l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire au Brésil, S.E. Diamouténé Alassane Zié, a rassemblé pendant plus d’une heure des spécialistes du Conseil du Café-Cacao, du FIRCA, du PNUD, de la BOAD et du CIFOR-ICRAF. Les échanges ont porté sur les mécanismes de financement disponibles et les conditions d’éligibilité, dans un contexte où les défis climatiques deviennent de plus en plus pressants pour les producteurs.

Parmi les innovations présentées, le Mécanisme des Bénéfices d’Adaptation (ABM) a suscité un intérêt particulier. Selon le Dr Amani Kouassi du CIFOR-ICRAF, ce dispositif internationalement approuvé rend désormais “bancables” les projets d’adaptation de la cacaoculture. Concrètement, l’ABM permettrait de rémunérer les producteurs adoptant des pratiques agroforestières ou d’autres techniques renforçant la résistance des plantations face à la sécheresse, aux maladies ou à la dégradation des sols.

Sa collègue, le Dr Beria Leimona, a précisé que les paiements issus des marchés carbones se fondent sur des performances mesurables : stockage du carbone, amélioration de la biodiversité, restauration des ressources en eau, ou encore pratiques agronomiques certifiées. Ces approches placent les producteurs au cœur des solutions climatiques, tout en leur offrant de nouvelles sources de revenus.

Pour sa part, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) a réaffirmé sa disponibilité à financer à grande échelle ces initiatives. Le Directeur du Financement et du Développement Durable, Moubarak Moukaila, a estimé les besoins actuels d’investissement pour structurer ces marchés carbones à plus de 1,3 milliard d’euros, soulignant l’opportunité pour les pays producteurs de cacao.

Le Dr Tahi Mathias, Directeur de la Recherche et de la Lutte contre le Changement Climatique au sein du Conseil du Café-Cacao, s’est félicité de ces avancées. Il a rappelé l’engagement de l’institution à poursuivre l’innovation et à aligner ses actions sur les standards internationaux en matière de résilience et d’adaptation climatique.

L’accès aux marchés carbone apparaît ainsi comme un levier décisif pour renforcer les investissements du Conseil du Café-Cacao et générer un revenu additionnel pour les producteurs et leurs coopératives.

Enfin, le Directeur Général du Développement Rural, N’Guessan Koffi Rodrigue, représentant le MEMINADERPV, a clôturé la séance en saluant la qualité des contributions et en réaffirmant la volonté de l’État ivoirien d’accompagner ces dynamiques structurantes pour la filière.

Unscalci.com

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